GROOFathon

Cultive ta ville

Posted By Stéphane on Fév 20, 2017 | 0 comments


A l’occasion du festival « Cultive ta ville ! » organisé par UrbaCulture, GROOF a animé un débat sur l’agriculture urbaine… sous une yourte.

Cet article propose de rendre compte – de façon forcément partielle et partiale – des échanges.

Cultiver la ville… pour se nourrir ?

L’une des premières questions abordées était celle de l’autonomie alimentaire : pourrait-on nourrir la ville avec l’agriculture urbaine ? Si la culture de nombreuses parcelles en ville peut permettre d’avoir une activité productive, l’autonomie réelle passe par la culture des espaces autour de la ville, en créant de l’activité et des emplois.

=> Sur les jardins urbains productifs, on peut s’inspirer des Pot’iront.

=> Au sujet de l’autonomie alimentaire, voir les exemples d’Albi et de Rennes.

Le local serait-il alors la voie de l’autonomie ? Le Rhône est le premier département de France en nombre de circuits courts et locaux, et en nombre de points de ventes collectifs, car la production y est diversifiée et les agriculteurs préfèrent la vente directe. Il y a en effet de nombreuses possibilités pour développer l’alimentation locale : les AMAP, les magasins de producteurs… et il y a de la surface à cultiver en périphérie des villes.

Si le développement du local est une opportunité, il est aussi nécessaire de s’intéresser au mode de production : le local n’est pas forcément bio ou raisonné. Il faut alors repenser le modèle d’agriculture en dehors des villes : une transition est en train de se faire, mais avec une forte inertie du système agro-alimentaire existant. La Politique agricole commune peut aider, car la France a des marges de manœuvre à ce sujet.

=> Des initiatives proposent déjà des modèles agricole différents, à l’image de Terres de Liens et du Groupe permaculture Rhône.

Les apports de l’agriculture en ville

Au-delà de la question productive et alimentaire, l’agriculture en ville a de nombreux intérêts. Le premier d’entre eux est l’aspect pédagogique : cultiver soi-même permet de comprendre comment se produisent des fruits et légumes, lesquels sont de saison, etc. Cela permet aussi de reprendre la notion du temps, avec une forme de bien être pour le jardinier, car « le citadin n’est pas seulement un être minéral ».

D’autres intérets sont également forts, au niveau écologique – verdir la ville – comme au niveau du lien social – le jardinage fait « tomber les cloisons » entre les personnes.

Un changement de contexte

Les échanges se sont aussi portés sur les évolutions et les transitions en cours, auxquelles l’agriculture urbaine participe.

Au niveau des modes de vie, le développement de l’agriculture urbaine va dans le sens d’une diversification des activités. Le citadin peut alors avoir un emploi en ville et un mode de vie urbain, tout en ayant une activité manuelle de jardinage pour produire lui-même une petite partie de son alimentation.

Au niveau des techniques, l’agriculture en ville s’appuie sur la culture hors sol, qu’elle soit low-tech – bacs potagers avec un substrat alléger et des billes d’argiles pour le drainage – ou high-tech – aquaponie, bioponie, jusqu’aux fermes verticales.

De nouveaux métiers apparaissent également avec l’agriculture en ville : négociation avec les institutions, montage de projet, positionnement transversal (l’agriculture urbaine nécessite en effet de faire dialoguer les mondes de l’agronomie et de l’urbanisme), etc.

L’agriculture urbaine, une révolution ?

L’agriculture urbaine peut alors être considérée comme un élément d’une révolution, une pièce d’un puzzle qui serait une transition écologique. Ce mouvement fait partie d’un tout.

Pour encourager le développement de l’agriculture urbaine, un travail de recensement et de mise en réseau est nécessaire : cartographier les terrains en friches, ou les toits terrasses, et contacter les propriétaires, utiliser les tènements fonciers des centres commerciaux, etc. Ce recensement peut ce faire sur le même modèle que l’inventaire participatif du patrimoine en pisé lyonnais.

En consommant autrement – en favorisant le local, le bio – il est également possible de montrer une nouvelle voie pour l’alimentation et l’agriculture. L’agriculture urbaine peut alors en constituer la vitrine. Mais tout l’enjeu reste  d’avoir un impact fort, et de changer d’échelle.