Les Groofs à travers le monde

Posted By Isabelle on Nov 22, 2016 | 0 comments


Après un premier tour du monde à la rencontre des Groofs et une escale à New-York, partons à la découverte de nouveaux Groofs à l’international !

Hong-Kong : faire pousser des cheveux aux gratte-ciel.

Première escale à Hong-Kong, où le manque de place sur le sol se fait cruellement ressentir et donc où les potagers sur les toits sont voués à se développer. A ce jour, seuls 3% des légumes consommés à Hong-Kong y sont produits, le reste étant largement importé de Chine. Malgré la pollution ambiante, de nombreuses fermes urbaines voient le jour entre terre et ciel afin de fournir aux habitants une nourriture locale et bio. A l’instar du toit d’un immeuble de 14 étages qui contient 400 jardinières, louées entre 150 et 200 dollars de Hong Kong par mois (15-20 euros). Un autre exemple plus artisanal : à To Kwa Wan, dans l’est de la péninsule de Kowloon qui fait face à l’île de Hong Kong, Chu Pui-Kwan et deux amis ont construit un petit potager sur une tour de 12 étages au moyen de planches récupérées sur des chantiers de BTP…avant d’inviter le voisinage à l’inaugurer. Ce projet a créé du lien social entre les habitants de ce quartier un peu isolé et mal desservi, où résident de nombreuses personnes âgées.

To Kwa Wan Farm ; Crédit photo : http://www.go.asia/urban-farming-in-hong-kong/

Singapour : les « fermes du ciel »

On s’envole désormais pour Singapour, où Jack Ng, directeur de l’entreprise Sky Greens (littéralement Ciel Vert) a lancé une ferme verticale commerciale. Nichée au sommet d’un immeuble, la ferme se compose d’une centaine de tours verticales en aluminium qui peuvent atteindre neuf mètres de haut, et qui contiennent jusqu’à 38 étages remplis de bacs pour faire pousser les légumes. Il a mis au point un système unique au monde : une structure en aluminium en forme de A sur laquelle les bacs de légumes sont en rotation. Et comment ça fonctionne me direz-vous ? C’est très simple : les plantes vont chercher la lumière en montant et redescendent pour y trouver de l’eau et des nutriments. Il s’agit d’une culture de type « hydroponie ».

Les avantages de ce nouveau type de culture sont multiples :

  • Gain de place (culture verticale)
  • Faible consommation d’énergie : les légumes sont exposés à la lumière naturelle, il n’y a donc pas besoin de lumière artificielle. La rotation des bacs est assurée par un système breveté qui utilise le mouvement de l’eau et la gravité. Seulement 40W d’électricité (équivalent d’une ampoule électrique) sont nécessaires pour alimenter une tour de 9 mètres de haut.
  • Faible consommation d’eau : les plantes sont irriguées et fertilisées avec une méthode hydroponique, on évite ainsi d’utiliser un système d’arrosage, ce qui élimine le gaspillage d’électricité et d’eau. Seulement 0.5 litre d’eau est nécessaire pour faire tourner la structure verticale de 1.7 tonnes. L’eau, contenue dans un système de réservoir souterrain, est recyclée et réutilisée.

    Crédit photo : Sky Greens

    Crédit photo : Sky Greens

Voir la vidéo : https://vimeo.com/137465377

Gaza : faire face à l’insécurité alimentaire

En 2010, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (la FAO) a mis en place 15 fermes urbaines aquaponiques dans la Ville de Gaza pour faire face à l’insécurité alimentaire croissante. En effet, 97% des personnes résidant à Gaza n’ont pas accès à des terres cultivables. Ces 15 fermes urbaines ont pour but de de nourrir 119 foyers et fonctionnent sur le principe de l’aquaponie. Le principal avantage de l’aquaponie est que cela demande peu de ressources en eau. En effet, les eaux usées des bacs de poissons sont réutilisées comme un terreau écologique pour nourrir les plantes tandis que les plantes nettoient l’eau, la rendant propre pour les poissons. De plus, cela permet de fournir aux habitants des poissons propres à la consommation, source de protéines.

Crédit photo : http://agritecture.com/

Crédit photo : http://agritecture.com/

Bâle (Suisse) : l’aquaponie investit les toits d’hypermarchés

Allez c’est reparti ! On redécolle direction la ferme pilote d’UrbanFarmers, installée en 2012 sur la toiture d’un bâtiment industriel à Bâle, en Suisse. Ses 250m² permettent de produire annuellement 5 tonnes de légumes et 850 kg de poissons environ. Dont une partie est commercialisée dans le magasin voisin Migros. Un modèle qu’UrbanFarmers entend développer sur divers types de bâtiments urbains, dont des hypermarchés. Une deuxième ferme urbaine est en construction aux Pays-Bas sur une surface de 1 600 m², le tout sur un toit bien évidemment ! Et avec capacité à produire quelque 55 tonnes de légumes et 20 tonnes de poissons par an.

L’entreprise Urban Farmers ne compte pas s’arrêter là : elle a déjà 12 projets d’installation pour plus de 15 000 m² en Europe du Nord et aux Etats-Unis (avec une antenne d’UrbanFarmers à New-York). Des toits d’hypermarchés devraient notamment être équipés en Allemagne, à Hambourg, Frankfort et Limerick. Et un projet encore secret serait en cours pour la France… Affaire à suivre !

Crédit photo : UrbanFarmers

ZuidPark (Amsterdam) : transformer l’espace de travail en lieu de rencontre

Depuis 2012, plus de 3000 m2 de ferme urbaine sur les toits sont mis à la disposition des résidents du Zuidpark, à Amsterdam. Plus de 1000 employées, issus de diverses entreprises, travaillent dans le bâtiment. Chacun peut s’initier à la culture : désherbage, plantation, récolte… Mais pas seulement : tout a été mis en place pour favoriser les rencontres et la créativité !  Plusieurs tables sont installées sur le toit: idéal pour le déjeuner, les pauses café ou juste prendre une bouffée d’air frais. Il y a également du wifi : ainsi les employées peuvent y organiser des réunions, et y travailler. Grâce à ce projet, l’entreprise n’est plus seulement un lieu de travail, elle devient un endroit où rencontrer les autres, où les réseaux se forment et les amitiés se créent.

Crédits photo :

Crédits photo :

 

Chicago : du toit à l’assiette

Traversons l’Atlantique et découvrons qu’à Chicago également, de nombreux Groofs voient le jour. Comme en 2013 le « McCormick Place rooftop place ».

Conçu à l’origine par les architectes comme un moyen de réduire l’empreinte écologique du bâtiment, ce toit végétal est devenu un lieu de récolte, agrémenté d’une terrasse avec une vue incroyable sur la skyline de Chicago. Ce toit de 10 000 m2 produit plus de 3500 kg de fruits et légumes, dont une partie est directement cuisinée par le restaurant de l’immeuble, une autre distribuée aux habitants du quartier, et le reste (la majeur partie) transporté pour SAVOR…Chicago, le prestataire en restauration du palais des congrès. Ce potager sur les toits accueille également 20 000 abeilles nichées dans 3 ruches, qui produisent 22 kilos de miel par an. Et quelques 2000 vers qui fournissent du lombricompost.

Crédit photo : McCormick Place rooftop place

Ainsi se termine ce nouveau tour du monde des Groofs, toute l’équipage espère que vous avez apprécié le vol et vous souhaite une agréable lecture à travers le blog !

Crédits photo de couverture de l’article : les potagers solidaires Marmite Urbaine / Groupama (en savoir plus).